Valorisation du potentiel énergétique de l’Afrique pour un renforcement du taux de couverture, comment la BAD travaille-t-elle à cela ?

Avec la consommation d’électricité par habitant la plus faible du monde, l’Afrique subsaharienne est sans doute la section la plus sombre du village mondial, avec des investissements, une croissance sociale et économique et la création d’emplois entravés par de fréquentes coupures, des délestages et des coupures totales. Les statistiques estiment que plus de 645 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité.

Pourtant, le continent est riche en ressources énergétiques, avec plus de 10 térawatts de potentiel solaire, 350 gigawatts de potentiel hydroélectrique, 110 gigawatts de potentiel éolien et 15 gigawatts de potentiel géothermique. Tout cela se trouve en dehors des immenses réserves de charbon et de gaz de l’Afrique, qui peuvent fournir une partie de l’électricité la moins chère du continent.

Entourés d’une si grande richesse énergétique, la plupart des Africains se demandent encore pourquoi leurs pays sont si pauvres en pouvoir énergétique. Le manque d’accès à l’électricité coupe les besoins vitaux de la société. De toute évidence, les enfants sont moins performants en raison du manque d’électricité, car les écoles et les foyers manquent d’électricité et des vies sont en danger dans les hôpitaux du continent, car l’équipement de sauvetage est comateux, incapable d’être déployé aux fins pour lesquelles il a été acheté et installé.

Pour ces raisons et plus encore, on espérait que les chefs d’entreprise et les dirigeants politiques africains placeront l’industrialisation et l’énergie de l’Afrique en tête de leur agenda lors des 53e réunions annuelles de la Banque Africaine de Développement dans la ville côtière de Busan, en Corée du Sud, tenu du 22 au 25 mai 2018. Heureusement, le thème de la réunion annuelle de cette année a été : “Accélérer l’industrialisation de l’Afrique”.

La Banque africaine de développement, l’un des principaux bailleurs de fonds en Afrique du Sud, qui fournit plus de 2 milliards de dollars au secteur de l’électricité, travaille avec d’autres partenaires au développement pour reproduire ce succès dans toute l’Afrique. C’est pour cela que la Banque, en 2017, a approuvé 31 projets énergétiques dans 23 pays, pour un montant total de 1,4 milliard de dollars.

Au cours du même exercice, les investissements du secteur privé de la Banque ont augmenté de 40 % pour atteindre 400 millions de dollars, avec des projets de production d’énergie renouvelable à 100 %, y compris des projets de production d’énergie hydroélectrique et solaire de base au Maroc et en Côte d’Ivoire, et des interconnexions de transport transfrontalières clés dans les réseaux d’électricité de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ces réseaux faciliteront l’établissement de marchés régionaux de l’énergie, réduiront l’empreinte carbone et accéléreront l’industrialisation grâce à la conversion des vastes ressources naturelles de la région, comme la conversion de la bauxite en aluminium, du minerai de fer et en acier, du gaz en engrais, et la transformation du riz, du cacao, des fruits et des légumes.

La mise en œuvre de ces plans stratégiques de valorisation du potentiel énergétique de l’Afrique est sans doute le prérequis indispensable pour le développement du secteur de l’entrepreneuriat de façon générale et celle des femmes en particulier.

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