Côte-d’Ivoire : Construction de six usines de transformation des résidus de cacao en énergie

La Côte d’Ivoire projette de renforcer sa capacité en énergie renouvelable de 276 mégawatts d’électricité. Puisqu’à l’occasion de la cérémonie du Grand Prix Life Builders à l’hôtel de Yamoussoukro, le Directeur de la Compagnie Internationale d’Aménagement de Terrains (CIAT), Félix Ogou, a déclaré, je cite : « Nous projetons la construction de six usines d’une capacité de 46 mégawatts de courant chacune à partir des résidus du café et du cacao et qui emploieront 12.000 personnes dans le pays ». Il s’agit donc de ce fait, de transformer les résidus du café et du cacao en énergie biomasse.

A l’origine, l’idée de transformer les résidus du café et du cacao en énergie provient d’un groupe de jeunes ivoiriens. Cette initiative sera mise en œuvre avec l’appui de partenaires étrangers, notamment américains, se réjouit Felix Ogou. Selon lui, à travers la mise en place de ces usines, ce projet permettra aux paysans ivoiriens de bénéficier de près de 50% de revenus additionnel, résultant de la mise en valeur des résidus de leur production de café et de cacao.

Depuis plusieurs années, la Côte d’Ivoire s’affirme comme le premier producteur et exportateur au monde d’or brun (cacao) et le troisième au niveau du café. Son économie repose principalement sur l’agriculture avec une forte contribution des productions de cacao-café. De plus, les évolutions récentes de la filière cacao-café viennent confirmer la consolidation des acquis de la réforme de la filière mise en œuvre de 2012 à 2016. Cependant les producteurs de cacao-café ivoiriens sont frappés de plein fouet par la chute des cours mondiaux du cacao depuis plus de deux ans, en raison notamment d’une surabondance de l’offre par rapport à la demande. Ce projet vient donc à point nommé pour permettre aux producteurs de cette filière de pousser un ouf de soulagement.

Par ailleurs, le procédé de fonctionnement des usines consiste à brûler des cabosses de café et de cacao dans des chaudières, pour en obtenir de la chaleur qui servira à la production d’énergie électrique. De plus, selon les dires du Directeur Felix Ogou, la cendre issue de l’opération sera aussi mise à profit pour produire de l’engrais que les paysans utiliseront pour leurs cultures.

Rappelons qu’avec la participation souhaitée du secteur privé grâce aux Power Purchase Agreements (PPA), la Côte d’Ivoire ambitionne atteindre une capacité installée de 4000 MW d’ici 2020. D’autres projections sur le volet énergies vertes, prévoit atteindre 15 % du mix électrique d’ici 2020, et 20 % d’ici 2030 sans la prise en compte des gros projets hydroélectriques.

En plus, la Côte d’Ivoire possède l’un des meilleurs potentiels d’Afrique avec une capacité annuelle estimée à plus de 12 millions de tonnes de biomasse. C’est donc à juste titre que l’objectif de 15% d’énergies renouvelables d’ici 2020 soit porté par la biomasse. Ce projet d’installation de six (06) usines de production d’énergie biomasse revêt donc d’une importance capitale et s’inscrit dans la politique nationale en matière de renforcement du mix énergétique.

 

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