Centrale solaire à Ségou au Mali

Le Mali amorce le développement des énergies renouvelables avec la centrale solaire de Ségou

Le Mali vient de donner un signal fort en matière de promotion d’énergies renouvelables en lançant la construction de sa première centrale solaire située à Ségou. La pause de la première pierre du site a été faite par le président Ibrahim Boubacar Keita qui espère avec cette installation, assurer l’autonomie à cette région.

Un fort besoin d’électricité

L’Afrique subsaharienne est confrontée aux enjeux majeurs de la sauvegarde de l’environnement comme le reste de la planète. Et comme alternative aux grands défis énergétiques auxquels elle doit faire face, elle a décidé d’opter pour les énergies renouvelables, plus protectrices de l’environnement et beaucoup moins couteuses. De nombreux États tels que le Burkina Faso, le Sénégal,le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya se tournent progressivement vers la promotion des énergies vertes pour résorber leurs crises énergétiques. C’est dans cette logique que le gouvernement malien a décidé de construire une centrale solaire pour palier au déficit énergétique qui mine son autonomie en fourniture d’électricité. Prévue pour une capacité de 33 mégawatts, cette centrale photovoltaïque, la première du pays, est implantée dans la ville de Ségou à Pélingana se trouvant à 240 km de l’est de la capitale Bamako. Elle se fera sur un site couvrant une superficie de soixante hectares. Cette centrale pour laquelle est prévue l’implantation de 130.000 panneaux au terme de sa construction comptera parmi les plus grandes infrastructures solaires de l’Afrique de l’Ouest.

Une coopération internationale

La construction de la centrale de Pélingana a été confiée à l’entreprise norvégienne Scatec Solar. Il s’agit d’une organisation spécialiste des installations solaires exploitant actuellement 219 MW de centrales photovoltaïques en République Tchèque, en Afrique du Sud, au Rwanda, et de nombreux autres projets similaires sur le continent africain. Selon les termes du contrat de ce projet de centrale, la société norvégienne est en partenariat avec IFC Infra Ventures ainsi que Africa Power, un développeur malien. Le projet prévoit un coût total de 33 milliards de FCFA dont le financement se fera par l’intermédiaire d’une dette sénior. La filiale de la Banque mondiale IFC ainsi que d’autres instituions y contribuent à hauteur de 15 milliards tandis qu’un prêt concessionnel atteignant les 30 % du coût intégral du projet a été consenti par Climate Investment Fund.

Impact économique et écologique

Il est attendu de la prestation de cette installation solaire une production de 33 mégawatts avec possibilité d’extension jusqu’à 50 mégawatts pour appuyer le réseau national de fournitures électrique assurée par EDM-SA. En effet, avec une production annuelle de 60 GWh par an correspondant à 5% des besoins en électricité de la population malienne, la centrale de Ségou permettra d’alimenter plus de 60 000 foyers en courant. Sur le plan écologique, l’infrastructure solaire permettra au Mali de réduire 46 000 tonnes de gaz à effet de serre par an, soit un total de 1.150 000 tonnes durant les 25 années de sa concession d’exploitation. Par ailleurs, la construction de la centrale photovoltaïque de Ségou va générer 200 emplois directs.

Avec le lancement de la construction de la centrale solaire de Ségou, le Mali concrétise enfin un vieux projet longtemps interrompu à cause des troubles politiques ayant marqué le pays en 2012. Il s’agit là d’une infrastructure qui s’inscrit dans la vision du premier chef d’Etat Malien Modibo Keita qui très tôt, avait compris l’importance des énergies renouvelables en créant le laboratoire de l’Energie Solaire en 1964.

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