Afrique du Sud : ESKOM et la promotion des énergies renouvelables

L’Afrique du Sud à l’instar de tous les pays de l’Afrique subsaharienne est confrontée à d’énormes problèmes énergétiques auxquels elle doit faire face en essayant l’alternative des énergies renouvelables. C’est pour cette raison que la société ESKOM a décidé d’accroître la part des énergies renouvelables dans sa production d’énergies afin de limiter la pression issue des combustibles fossiles et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Du modèle énergétique à base de charbon au recyclable

L’Afrique du Sud est l’un des pays africains considéré comme une puissance dans le secteur électrique. En effet, il dispose d’abondantes réserves en charbon bon marché, très employées dans la production d’énergie électrique. Les centrales thermiques à charbon représentent ainsi 93% de la capacité implantée sur le territoire. Par conséquent, le prix de l’électricité du pays compte parmi les plus bas au monde, un facteur déterminant dans la croissance économique et l’essor des grandes industries du pays. Cependant, cette formule qui assure jusque la ne peut durer éternellement puisqu’elle participe à la dégradation de l’écologie et n’encourage plus vraiment l’économie. En effet, l’Afrique du Sud,  pays à forte production énergétique, figure parmi les grands émetteurs de CO2. Les statistiques évaluent à 25% la part d’émissions de gaz à effets de serre du pays dans celle produite par l’ensemble des pays de l’Afrique subsaharienne. Ce constat est dû à la prépondérance du charbon dans sa politique de production énergétique. A cela, s’ajoute la faiblesse de l’efficacité énergétique dans les secteurs de l’industrie, des transports et de l’habitat, une situation qui n’est pas favorable à la compétitivité économique.

Conscient de toutes ces questions, le pays a décidé de changer la donne en optant pour des objectifs d’efficacité énergétique à travers la promotion des énergies renouvelables. A la conférence de Copenhague en 2009, l’Afrique du sud s’est engagée à diminuer ses émissions de CO2 de 34% à l’horizon 2020 et de 42% en 2025. C’est dans ce cadre que l’opérateur national de distribution d’électricité ESKOM s’est lancé aux côtés du gouvernement dans un projet destiné à promouvoir les énergies renouvelables. Il s’agit d’atteindre une production de 10 000 GWh non seulement en se basant uniquement sur les énergies renouvelables, mais aussi en développant  les énergies éoliennes et solaires, les filières de biocarburants et autres micro projets hydroélectriques.

Un projet aux ambitions durables

Avec ce projet, le pays espère doubler sa capacité énergétique d’ici  2030 et se donne les nouvelles conditions de mix énergétique. Il est donc prévu que les énergies renouvelables couvrent 42% des 50 000 MW des nouvelles capacités en cours d’installation. Les sources énergétiques telles que le solaire photovoltaique et l’éolien y participent respectivement à hauteur de 8400 MW sur le total de 21 000 MW d’énergies recyclables attendus. Pour des raisons de compétitivité, 30% des nouvelles installations sont confiées aux acteurs du secteur privé tandis que les 70% restantes seront assurées par ESKOM.

Ce projet en termes de constructions prévoit une ferme éolienne de 100 MW située à 250 km au nord du Cap. De cette ferme, sortiront 280 GWh par an, réduisant ainsi 250 000 tonnes de CO2 annuellement. La ferme éolienne sera alimentée par des turbines de 1,5 à 2 MW tripales, sur des tours faisant 60 à 80m de hauteur. Le coût global du projet est de 375 millions de dollars. Il est cofinancé par l’AFD, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement et le Clean Technology Fund.

 

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