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Quand le solaire redonne de l’espoir aux femmes rurales sénégalaises

Au Sénégal, le chantier du développement des énergies renouvelables est un secteur qui a de beaux jours devant lui. En effet, grâce à de nombreuses initiatives et micro-projets tendant à porter l’implantation des énergies renouvelables, l’espoir reste de mise. Le projet  MIL SOLEIL mis sur pied dans le village Samaane pour alimenter un moulin à mil à partir de l’énergie solaire en est une parfaite illustration.

Une initiative de l’Association Samaane Sénégal

MIL SOLEIL est un projet conçu par Samaane Sénégal. Il s’agit d’une association basée à Paris qui depuis sa création en 2005, œuvre à travers des initiatives au développement de ce village et à l’accompagnement quotidien des habitants du milieu. MIL SOLEIL est un projet qui vise à doter le villageSamaane d’un moulin à mil alimenté à partir de l’énergie solaire. La pertinence de cette initiative a tout de suite retenu l’attention des partenaires techniques et financiers. C’est ainsi que lors de sa soumission à la session de dotation « énergies renouvelables » qui a eu lieu à l’automne 2015 sous l’égide de l’Agence des Micro-Projets, MIL SOLEIL  a reçu un écho favorable à sa mise en œuvre. Afin d’opérationnaliser le projet, plusieurs partenariats ont été noués. Ainsi, le CEGEP (Collège d’Enseignement Général et Professionnel Sherbrooke au Québec)  et Station Energy Senegal apportent leur collaboration en assurant l’expertise technique. D’autres organisations telles que la Formation M’Bour participent aux volets sociaux du projet.

Un moulin à mil à énergie solaire pour révolutionner la vie de la femme rurale sénégalaise

Habituellement au village d’Agambiram, les femmes pilent le mil chaque jour pour préparer le repas de leur famille. Elles se servent d’un lourd pilon très épuisant et y passent des heures pour obtenir la transformation du mil escomptée au prix de grandes fatigues. Certes, il existe des moulins à mil fonctionnant à base de fuel, mais leur usage reste limité à cause des difficultés d’approvisionnement en carburant. Pour alimenter ces moulins, il faut non seulement disposer de budget pour acheter le carburant, mais aussi faire de longs déplacements vers les centres urbains pour en trouver, ce qui n’est pas à la portée des femmes rurales. Dans ces conditions, les femmes n’ont plus de temps à consacrer à leurs familles et à d’autres activités essentielles pour leur épanouissement. Quant aux jeunes filles, elles abandonnent assez tôt l’école afin de rester à la maison pour aider leurs mères.

Au-delà de l’impact environnemental qu’entraîne l’installation de panneaux solaires sur le moulin à mil, c’est toute la vie sociale de la femme rurale du village d’Agambiram qui change. Les femmes pourront gagner assez de temps qu’elles pourront investir dans les activités génératrices de revenus nécessaires à leur autonomisation. Un volet du projet prend même en compte  l’alphabétisation des femmes et leur formations fonctionnelles. Ceci aidera à réduire le taux de déscolarisation des jeunes filles et ces dernières auront plus de chances de  mieux se consacrer à leurs études. A long terme, c’est le développement du village qui en sortira gagnant.

 

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