Centrale hybride photovoltaïque-diesel de Bilgo : une nouvelle approche pour résoudre les crises énergétiques

L’association du diesel à l’énergie solaire est également une solution parmi tant d’autres pouvant aider les pays africains à mieux faire face aux déficits énergétiques qui minent le continent. C’est le concept du projet FlexyEnergy ayant conduit à l’installation de la centrale hybride solaire-diesel de Bilgo au Burkina Faso.

Un nouveau concept pour faire face au défi énergétique

En Afrique subsaharienne, les populations doivent faire face au quotidien à d’énormes problèmes sociaux comme l’accès à l’électricité. En effet, les services énergétiques à l’instar de la fourniture d’eau potable dans les pays africains en voie de développement constituent un problème crucial. Le Burkina-Faso à l’instar des autres pays du continent doit faire face à ce défi que constitue l’accessibilité des services énergétiques à toutes les couches de sa population.

En effet, obtenir de l’électricité pour les besoins domestiques est un grand casse-tête qui tourmente les populations burkinabés, surtout celles se situant dans les milieux ruraux. Le taux de couverture de la fourniture de l’électricité en milieu rural fait partie des plus faibles du continent, n’atteignant même pas 5%. Le déficit énergétique est plus criard dans les milieux ruraux que dans les régions urbaines et semi urbaines. La seule alternative pouvant permettre au pays de corriger ce gap pour améliorer l’accessibilité du peuple burkinabè à la lumière se trouve dans la promotion des énergies renouvelables.

Face à ce défi majeur, l’Institut international de l’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2IE) a procédé depuis 2009 au développement d’un concept novateur censé aider le pays à régler les problèmes énergétiques. Il s’agit du concept de centrale hybride solaire photovoltaïque –Groupes électrogènes plus connu sous le vocable concept « Flexy Energy ». Faisant suite au succès rencontré par un prototype de ce projet, la conception puis l’implantation d’une centrale du genre a été prévue dans la communauté de Siby au Mali ainsi que dans le village de Bilgo situé à Pabré. Un projet d’une telle envergure nécessite la bagatelle de 3 491 654 euros comme financement. Pour accompagner cette initiative, l’Union Européenne a pris part au financement des activités et travaux à hauteur de 70%. Ainsi, après quatre années de chantiers, le petit joyau est enfin opérationnel.

Un concept pour améliorer l’accessibilité de l’énergie aux habitants du monde rural

L’avènement de cette nouvelle centrale procure à l’état Burkinabè une capacité énergétique de 30 kilowatt crête (kWc) à laquelle s’ajoute une production de 77 kilo voltampère (kVA) de diesel. Cette nouvelle approche dans le secteur de la  fourniture d’énergies électriques permettra au pays d’approvisionner en électricité plus de 300 ménages. Ainsi à Bilgo, la vie amorce une nouvelle dynamique. La centrale hybride de Bilgo permettra aux habitants de la localité d’être épargnés des problèmes énergétiques qui paralysent ou entravent le bon fonctionnement des infrastructures sociales comme le dispensaire, la maternité, les points de vente etc.

Dans ce village rural peuplé d’environ 2 000 habitants essentiellement composés d’agriculteurs et d’éleveurs, l’installation de cette centrale hybride apporte un nouveau souffle au milieu pour lui permettre d’amorcer son développement. Reconnaissant l’importance de l’énergie pour sa communauté, le chef du village de Bilgo reste persuadé qu’avec la mise en place de cette centrale énergétique, l’électrification participera à l’éradication du chômage, la réduction de la migration des couches juvéniles de sa localité vers les sites aurifères et surtout le découragement de l’exode rural vers les grandes métropoles du pays.

Un projet qui traduit un parfait exemple de partenariat public-privé

En ce qui concerne les autorités de pilotage du nouveau concept, elles espèrent du dispositif hybride une contribution sensible à l’augmentation du taux d’accès des populations à l’électricité. Ainsi, Amadou Hama Maïga, directeur de 2iE salue la confiance accordée  à travers le partenariat naissant entre sa structure et la Société Nationale d’Electricité du Burkina (SONABEL) ainsi que l’Electricité du Mali (EDM).

L’exploitation de cette nouvelle infrastructure est en effet confiée à la SONABEL. Mais il faut remarquer que de nombreux autres partenaires ont dû participer au projet pour que prenne corps cette centrale hybride. On peut citer par exemple Savoie Technola, l’Université de Savoie, CEA, Photalia, PPI, et Microsow etc. Le projet « FlexyEnergy » est donc un bel exemple de partenariat secteurs public-privé.

Un projet qui s’inscrit dans l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement

Avec l’installation de la centrale hybride solaire-groupe électrogène à Bilgo, le gouvernement burkinabè se félicite d’avoir amorcé un tournant décisif dans l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière d’accès à l’électricité. En effet, cette centrale solaire constitue un projet pilote qui permettra d’apprécier la faisabilité technique, environnementale, sociale et économique de la production d’énergie décentralisée en zones rurale et périurbaine.

 De sa réussite, dépendra son extension à d’autres régions du pays pour donner progressivement à l’énergie solaire une place importante dans la politique énergétique du pays.

 

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