Femme entrepreneur Mali

L’énergie solaire permet aux femmes de créer de nouvelles activités

Dans les zones rurales du Mali, des femmes gèrent de petites entreprises alimentées en électricité par des mini-réseaux. Grâce à l’électrification, les villages voient leur activité économique se développer, ce qui permet aux ménages et aux entrepreneurs de payer l’électricité qu’ils consomment.

La route qui mène à Zantiébougou, à près de 200 kilomètres au sud de Bamako, la capitale malienne, n’est pas revêtue, et il est difficile d’y rouler, mais c’est la seule voie d’accès au village. Les trajets sont encore plus délicats la nuit, lorsque la petite localité est plongée dans l’obscurité totale.

C’est pourquoi la plupart des gens descendent à la pension de Mamadou Diané pour boire une bière et manger un morceau avant de se retirer dans leur chambre pour la nuit. Celle-ci est équipée d’un ventilateur et d’un éclairage convenable, et on peut y recharger son téléphone portable. Un confort rendu possible grâce au mini-réseau électrique qui couvre le village.

L’hôtelière, qui a découvert les panneaux solaires en 1995, a fait un pari risqué lorsqu’elle a commencé à les vendre à ses voisins, au début des années 2000, en leur faisant miroiter la possibilité de regarder tous les matches de la Coupe d’Afrique des Nations sans interruption et confortablement installés chez eux…

Cette prise de risque s’est révélée payante.

Aujourd’hui, Mamadou Diané fait partie des femmes de Zantiébougou qui gèrent une petite entreprise et subviennent aux besoins de leur famille. Au Mali, seuls 17 % des habitants des campagnes ont accès à l’électricité, contre 55 % des citadins. Le réseau électrique national est distant de plus d’une centaine de kilomètres, et, si l’affaire de Mamadou Diané est florissante, c’est grâce à un mini-réseau alimenté par des panneaux solaires pendant la journée, et par du diesel dans la soirée.

Seul un Africain sur trois a accès à l’électricité. Ce problème se concentre essentiellement dans les zones rurales et en Afrique subsaharienne : près de 600 millions d’Africains ne disposent toujours pas de l’électricité et l’électrification peine à suivre le rythme de la croissance démographique.

Consciente du besoin de mettre en place des solutions alternatives, la Banque mondiale s’attache à élargir l’accès à des services énergétiques modernes dans les zones rurales du Mali. Cet aspect est crucial pour nombre de ménages ruraux, qui, pour la majorité d’entre eux, continuent à utiliser du kérosène et des piles, qui coûtent très cher et qui ne sont pas fiables, pour subvenir à leurs besoins énergétiques.

Pour certains, comme Mamadou Diané, c’est également une nouvelle chance.

Dans sa pension, elle a installé deux réfrigérateurs remplis de boissons et de nourriture dans une petite pièce qui sert à la fois de restaurant et de point de rencontre pour les villageois. Elle vend aussi de la nourriture à la prison. Elle peut désormais stocker les produits plus longtemps et, souvent, elle les revend, avec un petit bénéfice, lorsque l’offre se fait rare.

« Je suis en train de construire une maison et je veux acheter des terrains pour développer mon affaire », explique-t-elle. « À Bamako, c’est généralement l’homme qui apporte le revenu et qui subvient aux besoins des enfants. Chez moi, c’est l’inverse. Je peux même payer les études de mon frère au Nigéria. »

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